28.04.2020

Aerosol Filtration Efficiency of Common Fabrics Used in Respiratory Cloth Masks

Autres Hygiène
Konda A et al
ACS Nano

Résultats principaux

Pour la confection de masques artisanaux, il semble que la densité de tressage et la porosité du tissu utilisé a une importance énorme sur la capacité de filtration. Par exemple, entre 5 et 55 % d’efficacité de la filtration selon la taille des particules pour un coton à 80 TPI (Threads Per Inch) et entre 65 et 90 % pour un coton à 600 TPI. A l’inverse, certains matériaux n’apportent qu’une protection très médiocre (soie artificielle ou satin par exemple). La courtepointe en coton (2 nappes de coton à 120TPI enserrant une couche de 0,5 cm de ouate de coton) donne de très bons résultats (filtration allant de 85 % pour les particules <300 nm à 95 % pour les particules plus grosses). Parmi les textiles testés, l’efficacité augmente avec le nombre de couches. Par ailleurs, si pour les particules de grosses tailles, les matériaux à base de coton finement tressé ont une bonne efficacité pour les grosses particules, les matériaux à fortes interactions électrostatiques sont plus efficaces pour retenir les particules fines. Ainsi, 4 couches de soie donnent des résultats du même ordre qu’avec la courtepointe sur toute la gamme testée mais une meilleure efficacité pour les particules inférieures à 30 nm. Les masques multi-couches (coton-soie ; coton-mousseline de soie et coton-flanelle) présentent une efficacité d’au moins 80 % pour les particules <300 nm (donc plus efficaces que les masques N95 également testés) et d’au moins 90 % pour les particules >300nm (donc moins efficaces que les masques N95). Enfin, quelque soit le matériau utilisé, le présence d’un trou (représentant une mauvaise adaptation au visage) réduit drastiquement l’efficacité de la filtration (- 60 % d’efficacité environ). 

Que retenir ?

  • Pour la confection artisanale de masques, les matériaux à faible porosité et finement tressés sont à privilégier. Le coton 600TPI apporte une protection satisfaisante pour les particules >300 nm par filtrage mécanique.
  • La soie naturelle, la flanelle et la mousseline de coton offrent une meilleure protection vis à vis des particules très fines par filtrage électrostatique. 4 couches de soie apportent une protection satisfaisante pour ce type de particule.
  • La combinaison de ces deux approches par superposition de ces deux type de matériaux semblent fournir de bons résultats. Les auteurs recommandent une couche de coton à forte densité de fibre accolée à 2 couches de soie naturelle ou de mousseline par exemple.
  • La bonne adaptation du masque au visage est un paramètre déterminant, un écart peut diminuer de l’ordre de 60 % le niveau de protection offert par le masque. Il est donc crucial de porter une importance particulière à la qualité d’adaptation du masque au visage lors de sa conception et son port.

Niveau de preuve Intermédiaire

Etude expérimentale de bonne qualité. Le protocole de test de filtration est un standard pour la qualification de respirateurs faciaux (NIOSH 42 CFR Part84). Chaque test est répété 7 fois (conformément au protocole) et la dispersion des mesures est assez faible. Pour autant on pourra tout de même noter que le matériel utilisé ne permet pas d’évaluer l’efficacité de la filtration des particules de tailles comprises entre 178 et 300 nm. Les tissus utilisés ne sont identifiés que par leurs appellation courante et aucun test n’est réalisé pour les caractériser spécifiquement (porosité, électrostaticité, etc.). Par ailleurs, l’étude ne précise pas la concentration en particules dans l’air filtré par les échantillons de tissu (graph fournis en « unité arbitraire). Cela pose la question de la validité des résultats et donc du maintien de la qualité de filtration pour des concentrations en gouttelettes dans l’environnement différentes. Une plus forte concentration en particules que celle testée pourrait saturer les sites de captures (mécaniques ou électrostatiques). Cette question de la saturation des sites et donc de la perte d’efficacité des masques, peut également se poser dans le temps, compte tenu du fait que l’auteur ne précise pas après combien de temps de filtration les mesures sont effectuées.

Objectifs

Evaluation de l’efficacité de la filtration de particules aérosols offerte par différentes combinaisons de couches de tissus afin de proposer des lignes directrices pour la confection de masques en tissu artisanaux.

Méthodes

L’efficacité du filtrage est évaluée pour une large gamme de la taille des particules (entre 10 nm et 6 μm), compte tenu du fait que l’effet de la taille des gouttelettes dans la transmission de SARS-CoV-2 n’a pas encore était totalement établie. Un étude préliminaire sur l’impact d’une mauvaise adaptation du dispositif au visage sur la qualité de la filtration est également menée. 

Des essais sont réalisés à l’aide d’une chambre munie d’un générateur de particules aérosols NaCl et d’une chambre de collecte basse pression. Les deux chambres sont reliées par un tube obturé par l’échantillon de tissu testé. Les dimensions et concentrations des particules sont suivies à 7,5 cm en amont de l’échantillon et à 15 cm en aval, à l‘aide de deux dispositifs ayant des gammes de mesures respectives de [10 ; 178] nm et [300 ; 6000] nm. Les tests ont été effectués à deux débits d'air différents, représentatifs des taux de respiration au repos (∼35L / min) et pendant l'effort modéré (∼90 L / min).  Le gradient de pression nécessaire au maintien de ces débits est également évalué comme indicateur de confort et de respirabilité du dispositif. La capacité de filtration est défini comme étant l’écart relatif de concentration en particule (pour chaque gamme de dimensionnement) avant et après le passage de l’air au travers l’échantillon. Afin de modéliser la mauvaise adaptation du masque au visage, les auteurs ont également mené des essais avec un trou dans le tube d’une surface de l’ordre de 0.5 à 2 % de celle de l’échantillon.

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